Grèce Hebdo a eu l’occasion de s’entretenir avec Caryl Férey au sujet de Plus jamais seul, son roman policier qui se déroule entre autres en Grèce. L’auteur et scénariste s’est fait connaître sur la scène mondiale avec des romans qui parcourent des espaces géographiques divers et offrent des analyses sociopolitiques lucides, tels que Haka (2003), Zulu (2008), Mapuche (2012) et Condor (2016). Plus jamais seul, paru en 2018 en France aux éditions Galllimard et en Grèce aux éditions Agra, s’inscrit dans la série de polars avec figure centrale le personnage de Mc Cash, ex-flic breton ; celui-ci devra voyager en Grèce pour élucider la disparition d’un ami…

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Caryl Férey à Athènes, 2015 (Photographie: Jenny Air, 2015)

Lors de ce bref Questions/Réponses, l’auteur nous souligne avec humour que le choix des sites grecs où se déroule l’action du roman – à Athènes, au Pirée et à Astypalea - a été guidé par « mon éditeur, Stavros, que j’ai lamentablement travesti dans mon roman… », ce dernier l’ayant justement accompagné à Athènes et sur les îles.

Étant donné que les romans de Caryl Férey offrent souvent une perspective sociologique et politique tranchante, en l’occurrence il semblerait que ce sont les politiques d’accueil de refugiés en Europe qui sont mises en cause ; bien plus qu’un polar se déroulant simplement à moitié en France et en Grèce, l’auteur s’est mis d’accord que Plus jamais seul pourrait être alors « tout à fait » lu comme un roman sur fond de crise migratoire européenne ; « c’est malheureusement un sujet qui va durer, nous toucher tous en tant qu’Européens porteurs de valeurs soit disant humanistes ». En ce qui concerne la mer, qui détient une place centrale dans le récit, Caryl Férey a remarqué au sujet de ses sources d’inspiration qu’ « un de mes amis bretons a disparu en mer. C’était le début de mon envie d’écrire, sur lui mais aussi et surtout sur les conditions de vie en mer, où le capitalisme le plus sauvage règne ».

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En ce qui concerne les référents typiquement lents du Noir méditerranéen et l’imagerie méditerranéenne plutôt fixée, l’auteur souligne que « je n’aime pas trop l’immobilisme en général (breton, l’Atlantique a mes faveurs), et suis de tempérament plutôt agité. Le personnage de Mc Cash est également un faux calme, et les choses sont faites pour être bousculées de temps en temps. Mais j’aime la Méditerranée aussi, pour ses produits de la mer surtout – un bonheur en Grèce ! ».

Caryl Férey ne prétend pas avoir une maîtrise particulière des lettres grecques – soit classiques soit modernes – du fait que « je n’ai “malheureusement“  pas fait d’études, mais les mythes grecs nous bercent depuis l’enfance. Qui d’autre a mieux saisi l’âme humaine ? Aucun Dieu en tout cas ! ».

En concluant notre bref Questions/Réponses, l’auteur nous a dit que son prochain projet littéraire concerne « la Sibérie du Nord. Un grand écart comme je les aime ».

Propos recueillis par Dimitris Gkintidis | Grecehebdo.gr

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D. G.

 

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