Le 21 avril 1967 au petit matin éclate en Grèce un coup d’Etat militaire conduit par les colonels Georgios Papadopoulos, Stylianos Patakos et Nikolaos Makarezos. Les blindés entrent dans Athènes. Μotif invoqué: le «danger communiste». Nombreux sont ceux qui - issus de tous les horizons politiques- sont arrêtés pour être ramenés dans les prisons et les îles de l’exil sur la mer Egée.  C’est le début d’une dictature qui va durer pendant sept ans. Le régime parlementaire, le pluralisme partisan, et les libertés publiques sont désormais remplacés par la repression policière, les arrestations arbitraires, les tortures et la propagande fanatique de type nationaliste et anticommuniste.

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Vendredi le 21 avril 1967 au petit matin, les blindés entrent dans Athènes. 
 
Τoutefois le passage à la dictature ne constitue guère une surpise inattendue. Ceci est  l’aboutissement d’une longue période d’instabilité politique causée principalement par les ingérences illégitimes du Palais dans la vie politique grecque. Ιl ne faut pas oublier que la situation politique en Grèce à l’époque est loin d’être comparable à celle des démocraties occidentales bien établies. L’esprit de la guerre civile (l’après guerre) la seule guerre civile survenue dans l’Europe de l’après guerre- persiste dans la persecution des gens de la gauche étant donné que le Parti Communiste Grec (ΚΚΕ) demeure interdit et ceux qui sont soupçonnés pour leurs convictions politiques restent exlus de la vie sociale. L’ambiance de la guerre froide fait le reste dans la mesure où le « facteur américain» surveille la vie politique grecque sans pour autant s’opposer aux putscistes du 21 avril 1967.
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Georgios Papadopoulos, avril 1967.
 
Le décès de l’ex-premier ministre Georges Papandreou en 1968 placé en résidence surveillée après le coup d’Etat suivi de la mort du prix nobel Georges Seferis en 1969 sont à l’ origine de grands rassemblements où le peuple grec exprime son opposition au régime militaire. L’esprit de résistance est nourri par les organisations hors-loi en Grèce, mais aussi par les opposants politiques en France, en Allemagne, en Anglettere et ailleurs. Les chançons interdites en Grèce de Mikis Théodorakis connaissent une notoriété internationale alors que la fameuse actrice Melina Mercouri ne cesse de fustiger le régime militaire. Μais ce dernier qui cherche une certaine liberalisation dans son mode de fonctionnement est secoué par les grandes mobilisations estudiantines en fevrier et novembre 1973.
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Les funerailles de Georges Seferis en 1969.
 
Cette ultime mobilisation qui fait des dizaines de morts conduit au remplacement de Papadopoulos par le «dur» Dimitrios Ιοannidis responsable par la suite du putsch contre Makarios à Chypre en juillet 1974. Viennent ensuite l’invasion de l’armée turque à Chypre le 20 juillet et la chute de la dictature grecque le 23 juillet. Konstantinos Karamanlis quitte Paris et un gouvernement d’ «union nationale» sous sa conduite voit le jour pour ramener le pays aux premières élections libres le 17 novembre 1974. Le parti communiste est de nouveau légal et un référendum organisé en décembre supprime la royauté et ouvre la voie à la Constitution de la Troisième République Hellénique.  
 
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M.V.