L’ex- premier ministre grec Constantin Mitsotakis est mort lundi dernier à l’âge de 99 ans. Celui-ci constitue l’une des figures les plus influentes de la vie politique grecque au cours des dernières décennies. Νeveu du grand homme d’ Etat Eleftherios Venizelos, Mitsotakis est né dans la ville de la Chanée en Créte en 1918. Ιl effectue des études de droit et de science politique à l’ université d’ Athènes et des études post-universitaires en Allemagne. Pendant l’occupation allemande, il participe à la résistance contre l’occupant et se trouve à deux reprises condamné à mort par les Allemands.

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En 1946, il commence, en tant que député centriste du parti libéral, un long parcours   parlementaire qui ne se terminera qu’en 2004 avec une pause de dix ans, pendant, et immédiatement après la période de la junte militaire grecque, de 1967 à 1974. Force est de constater qu’Il joue un rôle préponderant dans la chute du gouvernement de centre de Georges Papandreou, connue sous le nom de l’apostasie. Cette chute est à l’ origine d’une période d’instabilité politique qui ne finira qu’avec  le coup d’Etat des colonnels le 21 avril 1967. Arrêté par ses derniers, il parvient à s’enfuir à Paris et après le retablissement de la démocratie, il cherche ses pas au sein du nouvel échiquier politique.

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Coup raté avec la création en 1977 du "Parti des Néoliberaux"  dont Mitsotakis assume la direction, mais en 1984, il devient le chef de la Nouvelle Démocratie, du parti conservateur qui assure l’alternance avec le PASOK dans le cadre du bipartisme dominant grec. La polarisation du systéme politque est forte à l’époque exprimée par l’opposition farouche entre Mitsotakis et le premier ministre et chef du PASOK Andreas Papandreou. Vient ensuite un gouvernent inédit qui unit la Nouvelle Démocratie de Mitsotakis à la gauche traditionnelle communiste dans le but de faire face aux affaires liées au mandat gouvermemental de PASOK.

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Une fois élu premier ministre en 1990, Mitsotakis mene une politique de privatisations et de rigueur sans pour autant arriver à réduire la dette publique toujours en augmentation. Son gouvernement quitte le devant de la scène en 1993, sur fond d’une dispute sur le nom de l' Ancienne République Yougoslave de la Macédoine (ARYM), un sujet qui reste encore en suspens sans accord final entre les deux pays.

Son retrait  de la vie parlementaire en 2004 ne signifie en aucun cas son retrait de la vie politique dans son ensemble dans la mesure où l’ancien premier ministre, reconnu comme Président d’honneur  de la Nouvelle Démocratie, demeure politiquement actif et recourt souvent à des interventions publiques jusque récemment. Il est également à noter que son fils Kyriakos est le chef actuel de la Nouvelle Démocratie alors que l’une de ses filles Dora Bakoyanni a été entre autres ministre des affaires étrangères et maire d’Athènes au moment des jeux olympiques (2004).  

K.M.

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