lappas giorgos la grande lettre
 
Dans la poche de ton manteau
Vieux sésame
Coquilles de pistaches
Et ma lettre chiffonnée.
Des mots se sont réveillés
Des phrases se sont étirées
J’ai grincé pendant des mois là-dedans
Les jours de froid
Des nuits entières au porte-manteau dans le silence
Pour que tu entendes
J’ai changé de ponctuation en arrondissant les sous-entendus
Je me suis coupé-cousu sans que tu le saches
Selon tes possibles désirs.
Mais maintenant que vient l’été
Et que les perspectives d’avenir sont évidentes
Au lieu de détaler en sautant
Ou au lieu que tu m’effaces
En envoyant ton manteau au nettoyage
Je vais me resserrer je vais me ramasser
En sésame ou en coquille
Et je vais m’accrocher aux coutures pour toujours.
Un jour tes doigts vont bien me toucher.
 
 
Traduction: © Marie-Laure Coulmin Koutsaftis, Anthologie: Ce que signifient les Ithaques, 20 poètes grecs contemporains, 2013
Peinture: Giorgos Pappas "La grande lettre"
Le poème original en grec sur notre page facebook

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