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On parle de plus en plus de Koukaki, le quartier historique d’Athènes, qui se trouve entre deux musées, parmi les plus importants de la ville. D’un côté le musée de l’Acropole et de l’autre le musée d’art moderne qui ouvre ses portes cette année (il y a quelques semaines a eu lieu la première exposition sur le toit du musée, avec une vue extraordinaire sur l’Acropole). A vrai dire Koukaki est le nom d’une petite partie de cet ensemble urbain qui englobe plusieurs petits quartiers, comme celui de l’Acropole, de Makrygiannis, de Gargaretta, de Filopappos et de Koukaki bien sûr. C’est ce dernier qui a prévalu à tous les autres dans la conscience et le langage quotidien des Athéniens.

Il s’agit donc du quartier qui se délimite par la rue piétonne Dionysiou Areopagitou, au pied de l’Acropole, puis par l’avenue Sygrou, où se trouve le musée de l’art moderne, par la rue Kallirois, où se trouve l’Université Panteion,  ainsi que par le quartier de Petralona. Certains  de ses recoins gardent là le charme de la vieille Athènes. Enfin il englobe la colline de Filopappos (la colline de Muses) qui se situe en face de l’Acropole.

Ces indications donnent déjà une idée de la diversité de cet ensemble urbain et humain.  Des touristes, des étudiants et des habitants qui s’entremêlent dans un quartier agréable à vivre ou à visiter.  Mais la diversité ne s’arrête pas là. Vers l’Acropole et la colline des Muses, on aperçoit certaines maisons des plus chères de la ville, des ruelles calmes, bordées par des oliviers ou des orangers amers, très odorantes pendant la période du printemps, un quartier résidentiel en plein centre de ville.

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Un peu plus bas pourtant l’architecture change complètement, avec de grands immeubles populaires et avec des gens qui ont des ressources beaucoup plus limitées. Il y a pourtant là une vie étonnante. Depuis  la dernière décennie on aperçoit une transformation intense et continue. Les associations artistiques investissent les anciens bâtiments industriels, des jeunes gens s’unissent pour créer des cafés et des bistros coopératifs, et les trois rues piétonnes du quartier, sans compter la rue Dionysiou Areopagitou, reprennent une identité à elles. La rue piétonne de Makrygianni est surtout visitée par les touristes et les Athéniens qui font leur promenade du Dimanche, la rue piétonne de Drakou, fréquentée autant par les touristes que par les gens du quartier et la rue piétonne d’Olympiou, qui reste bruyante très tard dans la nuit fréquentée, par des jeunes gens et des étudiants. Il y a aussi les « youth hostels » du quartier, entourés par des bars et des cafés, où des jeunes gens du monde entier font la fête chaque soir, en hiver comme en été.

Il s’agit donc d’un quartier très cosmopolite, où on trouve toutes les couches sociales. A côté des grands hôtels et les touristes habitent certaines des plus anciennes familles athéniennes,  des artistes, des intellectuelles, des journalistes, des correspondants étrangers, mais aussi des ouvriers ou des travailleurs immigrés.

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Dans le quartier il y a aussi une forte présence des institutions des pays du Nord, comme l’Institut Archéologique Suédois, qui a mené des fouilles surtout à Asiné, dans le Péloponnèse. L’Institut Finlandais d’Athènes, qui a fait des fouilles dans la région de Thessalonique, mais également l’Institut Norvégien, qui a fouillé, entre autres, au temple d’Athéna Aléa à Tégée. Enfin on y croise la Bibliothèque des Pays du Nord, qui possède plus des 40.000 livres sur l’histoire de la Grèce.  

Il existe aussi une grande présence italienne. Plusieurs rues du quartier portent le nom des Garibaldiens qui sont venus de l’Italie pour se battre contre les Turcs pendant la guerre gréco-ottomane de 1897. Parmi eux se trouvait le fils de Giuseppe Garibaldi, Ricciotti Garibaldi, et le député républicain Antonio Fratti. A la rue Parthénon se trouve aujourd’hui le siège de l’Ecole Archéologique Italienne, qui a réalisé plusieurs fouilles en Grèce,  surtout dans l’île de Límnos et à Phaistos en Crète.

Les deux grandes rues commerciales du quartier sont celles de Veikou et de Dimitrakopoulou, pleines de petits magasins, ou on trouve presque tout, des fruits et des légumes, des boucheries, des produits asiatiques, des magasins de location des vélos, des fleuristes, des boulangeries (on parle des meilleures de la ville !), des marchands des sandwichs, des librairies, des antiquaires et des magasins de souvenirs et surtout plein des salons de coiffure, comme si les habitants se faisaient leurs cheveux tous le jours ! Ce qui est décevant pourtant est la clôture des plusieurs magasins et qui restent vides pendant les dernières années. La cause ce n’est pas seulement la forte récession qu’elle provoqué la crise, mais aussi le changement du comportement des consommateurs qui se tourne pour ses provisions vers les grandes espaces. Tout ce qu’on espère maintenant est le changement d’usage de ces magasins, pour qu’ils soient mieux adaptés aux nouveaux besoins des consommateurs, dans ce quartier en plein mutation.

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Par contre les rues verticales sont beaucoup plus calmes, et elles se dressent, soit vers l’Acropole, soit vers la colline des Muses. Les plus connues et les plus fréquentées par les touristes sont celles de Parthénon, d’Erechteiou et de Propylaion, que les gens prennent pas seulement pour visiter l’Acropole, pendant la journée, mais aussi pendant la nuit, avec le Parthénon illuminé au sommet, pour regarder les représentations théâtrales, musicales ou de dance au théâtre d’Hérode Atticus, dans le cadre du Festival d’Athènes et d’Epidaure, en été.

Le quartier est bien desservi par deux stations de métro, la station Acropolis et Sygrou-Fix, mais aussi par des plusieurs bus et trolleys. 

En 2015, Koukaki a été classé à la cinquième position sur la liste des 16 meilleurs quartiers au monde, selon le vote des 40 millions des voyageurs du réseau des maisons de location Airbnb.  Les critères pour le vote étaient la qualité des restos et des bars du quartier, le marché locale, la street art, la vie artistique, les galléries, etc.  Selon l’enquête le quartier a eu une augmentation de sa fréquentation de l’ordre de 805% en 2015 ! 

 

Texte écrit par Lazaros Kozaris

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