Lambros MoustakisC’est sous le soleil brûlant de l’été 2014,  des journées où le thermomètre avoisine les 40°C que Lambros Moustakis et deux autres sans abris se sont entraînés chaque jour afin de devenir les guides des «Invisible Tours». Un projet social athénien lancé par l’équipe de Shedia, le journal de rue grec.

Il ne s’agit en rien d’une visite conventionnelle. C’est la partie «invisible» de la ville qui est à découvrir tous les samedis à 11h. On y saisit la vie dans la rue, les centres de sans-abris, les soupes sociales. Un côté de la ville qu’un touriste ne verrait pas d’ordinaire. Un aperçu d’Athènes à la fois documenté – les informations sont mises à jour en permanence – et personnel – Lambros, Yiannis ou Maria vous livrent des témoignages de leur histoire tourmentée. Toutefois la visite se fait dans la bonne humeur et une interaction vivement encouragée.

Les «Invisible Tours» une idée venue de l’étranger

L’idée est parvenue à l’équipe de Shedia via le réseau international des journaux de rue. Plus précisément du journal de Hambourg qui organise ce type de tours. C’est à partir de cet exemple qu’ils décident d’entraîner trois SDF avec l’aide de professionnels du tourisme. D’autres personnes leur ont prêté main forte, notamment l’auteur grec Vassilis Alexakis qui a rencontré les guides pour les aider à mettre en forme leur histoire. En a abouti des tours qui permettent de comprendre avec plus d’exactitude la vie de nos voisins de trottoir. Le prix est de 6€  (ou de 3€ si vous êtes étudiant) et les bénéfices profitent à l’association ainsi qu’au guide à hauteur de 50%. A Paris, «l’alternative urbaine» propose le même type de visites depuis peu.

Lambros Moustakis, un témoin de la réussite de cette initiative

Quant au guide que GrèceHebdo a rencontré, cette expérience lui a permis de remonter la pente petit à petit. Il détient aujourd’hui son propre chez lui, après cinq longues années dans la rue, et continue à se battre pour essayer de décrocher un emploi. Lambros Moustakis insiste sur l’importance qu’ont eue pour lui les premiers groupes de « jeunes », arrivés en grand nombre avec leur école. Avoir un but à moyen terme, quelque chose à faire le matin quand on se lève, parler aux jeunes, leur transmettre son histoire… Autant de raisons qui font que les euros gagnés aux « Invisible Tours » comptent, mais ce ne serait rien sans ce contact humain de cette occupation d’un nouveau genre.

Shedia, actif à tous niveaux

Shedia, au-delà du magazine, est une association qui essaye d’aider ses bénéficiaires grâce à tous types de projets sociaux. Leur équipe nationale de sans-abris de football leur tient particulièrement à cœur. D’autres sports sont disponibles comme la course, la pétanque, la danse… Mais également des projets plus manuels. C’est le cas des cours de céramique et bientôt des cours de guitare à Thessalonique. Toujours animés par des bénévoles qui proposent leurs services à Shedia et permet aux SDF de se rassembler, d’avoir une occupation qui les aide à devenir plus vifs, et souvent, résolus.

Léa Rollin

Shedia journal

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