Les statues en plein air d’Athènes font partie intégrante de la ville. Elles se trouvent partout, dans les rues, les parcs, les trottoirs, les rues piétonnes, les grandes et les petites places, les jardins des musées, des centres culturels ou des bâtiments publics et privés. On pourrait les distinguer en plusieurs catégories ; celle des personnalités historiques, comme des héros de l’indépendance grecque, des philosophes anciens, des hommes politiques, des artistes, des écrivains etc. ; celle des monuments qui sont consacrés à de grands moments de l’histoire du pays, à des idéaux fondamentaux,  à des symboles idéologiques ou à la mémoire collective et enfin celle qui exprime l’univers idéologique, esthétique et créatif de chaque artiste, en relation parfois avec le lieu où l’œuvre était prévue d’être posée. 

Cet ensemble diversifié offre un aperçu de l’histoire grecque, des tendances esthétiques de chaque époque, des priorités politiques et sociales.

Une catégorie à part est celle des collections de la Glyptothèque Nationale au parc de Goudi à Athènes, avec des œuvres qui sont exposées dans les bâtiments des anciennes écuries royales et aux jardins qui les entourent. On pourrait aussi en citer les sculptures qui ornent les stations du métro, dont la plupart n’est pas en plein air, mais dans l’espace publique souterrain, lesquelles créent un musée de l’art moderne très singulier à côté des antiquités qui ont été découvertes sur les mêmes lieux.

De cet ensemble varié, cartographié pour sa grande partie par le groupe activiste Atenistas (www.athenssculptures.com) on a pu distinguer certaines statues et monuments qui nous touchent par leur sensibilité, leur esthétique, leur histoire liée à la ville ou au pays, ou par leur symbolisme exceptionnel. Le choix qu’on a fait est très subjectif et ne correspond pas à la valeur artistique de toutes ces œuvres en plein air qui sont dispersées partout dans Athènes. Leur nombre exact est difficile à compter, mais Il dépasse surement les 400 œuvres. On en cite que quelques-unes. C’est à vous de découvrir les autres.

Le chien de chasse

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On commence avec le quartier de Kypseli et sa fameuse rue piétonne, Fokionos Negri, laquelle attire beaucoup d’artistes et des jeunes, grâce à sa riche verdure et à son passé, comme l’ancien « Broadway » d’Athènes. Là, dans le jardin, on peut trouver la charmante statue « chien de chasse » du sculpteur Evripidis Vavouris, qui a été posée en 1940 et depuis elle fait compagnie à tous les passants qui font leur promenade d’après-midi avec leur petit chien.

Theódoros Kolokotrónis

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Devant le bâtiment de l’ancien Parlement, transformé aujourd’hui en Musée national d’histoire grec, se trouve la place de Kolokotroni, avec plusieurs statues, dont celle de Theódoros Kolokotróni, le héros de la Guerre de l’indépendance grecque. Il s’agit d’une des plus fameuses œuvres de la sculpture néohellénique, créée par un des grands sculpteurs de l’ile de Tinos (une ile qui perpétue la tradition du travail du marbre et de la sculpture en général), Lazaros Sochos. La statue a été travaillée  à Paris, au cours des années 1891-1895, dans un atelier, boulevard Saint-Michel, qui a été accordé à  Lazaros Sochos par le sculpteur et peintre français, Antonin Mercié. Le prototype a donné naissance à deux copies de la statue, celle qui se trouve à Athènes et l’autre à Nauplie. Les deux statues ont été faites en laiton, un alliage de cuivre, provenant des grands canons qui défendaient la forteresse Palamidi de Nauplie, pendant la guerre de l’indépendance!
 
Dromeas
 
statue3A la place de la Grande Ecole de la Nation, près de la Galerie Nationale et l’hôtel Hilton, se trouve la statue Dromeas « le coureur » du sculpteur, Costas Varotsos. Il s’agit d’une sculpture faite de plaques de verre empilées, l’instantanée d’un coureur qui démontre sa force et son mouvement. Initialement, en 1988, la sculpture était installée à la place Omonia, et déplacée à son nouvel endroit en 1994. L’œuvre, pendant sa première installation, avait suscité beaucoup de réactions à cause de la matière utilisée et son esthétique singulière.

Monument de la révolte des étudiants contre la dictature

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Le grand buste en bronze de l’historien, Nikos Svoronos, qui est installé devant L’Ecole Polytechnique d’Athènes, est un don  du sculpteur, Memos Makris,  à l’honneur des victimes de la révolte des étudiants, en 1973, contre la dictature des colonels et il constitue chaque année, le 17 novembre, le cœur des manifestations de commémoration de ces événements douloureux. Les lignes simples du buste et la mélancolie qui en sort créent un sentiment d’introspection, une caractéristique du grand intellectuel, mais aussi une incitation pour réfléchir sur ces grands événements historiques.

Monument de l’Holocauste d’Athènes

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Dans le quartier du Céramique, près du site archéologique et de deux synagogues d’Athènes,  se trouve le Monument de l’Holocauste d’Athènes, une œuvre de Diana Magania, créée en 2010. Entourée par des arbres et des petites plantes, provenant des différentes régions de la Grèce,  une étoile de David en marbre jaune avec ses extrémités détachées et éloignées du centre, symbolise l’arrestation, les tortures et l’extermination des communautés juives grecques par les Nazis. Chaque extrémité triangulaire porte des noms des villes grecques où il y en avait des communautés juives centenaires ou même millénaires. La proximité du site archéologique du Céramique (Kerameikos), où il y avait des cimetières d’Athènes antique, rajoute du poids à cette œuvre exceptionnel. L’histoire reste toujours présente pour combattre contre l’oubli.

Thésée sauvant Hippodamie

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Au centre de la place Victoria, ce quartier cosmopolite où les gens et les cultures de différents horizons se mêlent, on trouve la statue majestueuse « Thésée sauvant Hippodamie » du sculpteur Allemand, Johannes Pfuhl. Cette œuvre en bronze, d’une valeur artistique énorme, a été créée en Berlin, en 1908 et représente le combat mythique que mène Thésée pour arracher Hippodamie, la femme du roi Pirithous, des mains du Centaure.

Discobole

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En face du Stade panathénaïque, du côté du parc de Zapeion, on trouve la statue de Discobole, du lanceur de disque.  L’œuvre de Konstantinos Dimitriadis représente l’harmonie du corps et du mouvement d’un jeune athlète. Bien connue des Athéniens et des touristes, grâce à son emplacement et l’énergie qui se dégage du mouvement de l’athlète, cette statue a gagné la médaille d’or de la sculpture aux Jeux Olympiques de Paris de 1924.

Les statues de la place Syntagma

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On finit notre petit voyage à travers les statues en plein air de la ville avec la Place Syntagma (Place de la Constitution) où plusieurs œuvres en laiton créent une atmosphère bucolique et apaisante au centre de la ville. Un merveilleux cerf fier, le Dieu Hermès qui se repose, deux lutteurs de deux cotés de la place prêts à se livrer à un combat et un enfant assis qui mange des raisins, constituent un ensemble de joie, une soif de vivre et de découvrir tous les plaisirs de la vie, en plein air sur la place, comme sur les montagnes et les côtes grecques.