Des zones auparavant inaccessibles sur les pentes de l’Acropole sont ouvertes au public, à la suite de travaux de restauration réalisés par l’Éphorie des Antiquités de la Ville d’Athènes. Les visiteurs ont désormais l’occasion de vivre une expérience archéologique enrichie, en accédant à des sites jusque-là fermés.









L’Acropole, l’un des plus emblématiques symboles au monde, a plus à offrir aux visiteurs que le célèbre Parthénon. Citadelle antique d’une grande importance stratégique, culturelle et religieuse, non seulement pour l’Athènes classique mais aussi pour les siècles qui ont suivi, l’Acropole contient les vestiges de plusieurs bâtiments anciens, y compris des sites archéologiques  et des sentiers qui restent obscurs pour le grand public.

Parmi autres, le sentier du versant nord de la colline rocheuse, couvert de pins et d’oliviers, a fait l’objet d’importants travaux de restauration, qui ont permis de le rendre accessible au public pour la première fois depuis des décennies. Plus précisément, les visiteurs peuvent désormais découvrir des parties du Rocher Sacré qui étaient fermées, y compris la source naturelle de Klepsydra et les Sanctuaires rupestres de l’Acropole.

La source de Klepsydra, située sur le versant nord-ouest de la colline, se trouvait à l’intérieur des anciennes fortifications autour de l’Acropole. Au Ve siècle avant J.-C., une cour pavée, une fontaine et une maison de puits y avaient été construits. A l’époque chrétienne, la source était transformée en temple, connu sous le nom de Saints Apôtres.

Les sanctuaires rupestres ou grottes-sanctuaires de l’Acropole sont des fissures naturelles aménagées en lieux de culte dédiés aux divinités du panthéon panhellénique antique. Parmi eux, on trouve le sanctuaire d’Aphrodite et d’Éros : un sanctuaire en plein air, fouillé en 1932 par l’archéologue américain Oscar Broneer, qui identifia le site. La grotte est divisée en deux sanctuaires ; son excavation met au jour des découvertes, dont des fragments de statues en marbre et des inscriptions, qui avaient été placés dans des niches creusées dans la roche, ainsi que des vases en argile et des figurines. Deux inscriptions gravées dans la roche, datant de 450–430 avant J.-C., incluent une dédicace à Aphrodite et une référence à un festival en l’honneur d’Éros.

Un autre sanctuaire rupestre important sur le versant nord-ouest est un complexe de trois grottes dédiées respectivement à Zeus, Apollon et Pan. L’identification du sanctuaire repose sur les témoignages d’Euripide, Aristophane et Pausanias, ainsi que sur la découverte de deux reliefs votifs sur le site.

Sur le versant est de la colline, on trouve la plus grande grotte de la ville, le sanctuaire d’Aglaurus ou Aglaureion. La grotte est identifiée  avec la divinité Αglaure, la fille du fondateur mythique d’Athènes, Cécrops. Selon Hérodote, les Perses envahirent l’Acropole depuis cette grotte en 480 av. J.-C et par la suite, Aglaure se jeta du haut de l’Acropole pour accomplir une prophétie exigeant un sacrifice humain afin de sauver la ville d’un siège prolongé.

Le nouveau centre d’accueil a été établi grâce à la coopération entre le ministère hellénique de la Culture et l’Organisme pour la Gestion et le Développement des Ressources Culturelles. Il abrite une boutique de souvenirs proposant une large gamme d’articles de haute qualité. Le centre a été conçu pour s’intégrer harmonieusement dans le paysage naturel et archéologique environnant.

L’Éphorie des Antiquités de la Ville d’Athènes a aménagé le plateau situé au sud de la colline de l’Aréopage, en face du point de vente, offrant aux visiteurs une vue impressionnante tout en améliorant la gestion des flux de visiteurs. Un autre élément clé est la construction de trottoirs facilitant l’accès aux personnes handicapées ainsi que deux nouvelles places de parking dédiées.

Les sentiers rouverts, ainsi que le centre d’accueil inauguré, ont été présentés lors d’une cérémonie en juin 2025  en présence de la ministre de la Culture Lina Mendoni, qui a déclaré que « le ministère de la Culture accorde l’importance appropriée au site archéologique le plus visité de notre pays, un repère culturel et historique mondial, avec des projets qui facilitent l’accessibilité et optimisent l’expérience de millions de visiteurs grecs et étrangers ».

L’aménagement du plateau au sud de l’Aréopage a été financé par des fonds nationaux  alloués au ministère de la Culture, tandis que la restauration du sentier sur le versant nord de la colline de l’Acropole a été rendue possible grâce à un don de la Fondation Onassis, qui soutient les travaux du ministère de la Culture sur l’Acropole depuis 2020.

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M.V.

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