Avec la crise, Athènes est devenue très photogénique. Elle l’a sûrement toujours été, mais il faut admettre que depuis ces dernières années, avec l’actualité riche en manifestations et autres évènements, son attraction photographique est nettement renforcée. Beaucoup d’images d’Athènes circulent à travers le monde et alimentent une sorte de crainte voire fantasme d’une ville violente. Beaucoup d’entres elles sont issues d’amateurs, mais aussi de professionnels, dont les enjeux du métier sont alors encore plus complexes. Dans le cadre du festival “Visa pour l’image Athènes” j’ai rencontré Max Gyselinck, un jeune photographe belge installé depuis maintenant dix ans en Grèce. Ainsi je me suis intéressée à cet univers, et notamment au rapport entre Athènes et le reportage photographique. Voici son avis sur le sujet.
Comment es-tu arrivé à Athènes? (comment t’es devenu photojournaliste aussi si possible)
Je suis arrivé en Grèce en Septembre 2002, quelques mois après avoir fait un Erasmus à Athènes et être tombé amoureux d’une fille, d’un pays et d’une ville.
C’était pour moi l’endroit idéal pour exercer mon métier, juste avant les J.O., les choses bougeaient, magazines et journaux tant Grecs qu’étrangers voulaient des images, j’ai fait un peu de tout pour me frayer un chemin dans la photo, de la mode et lifestyle, de la pub, de la photo de voyage mais ce que je voulais par dessus tout c’était faire du reportage, je pense que le décès de ma mère et les évènements de décembre 2008 furent deux éléments qui m’ont réellement poussé vers le photojournalisme
Athènes est-elle une source d’inspiration tant sur le plan esthétique que sur ce qui s’y passe (politique, social, culturel) ?
Oui bien sûr, Athènes est une ville qui m’inspire, bien que ce fût assez difficile au début, je trouvais la mégalopole assez étouffante et laide en beaucoup d’endroits, j’ai appris à l’apprécier, la découvrir, la mériter en fait. Mis a part le vieux quartier historique de Plaka et ses environs, Athènes n’est pas une ville qui offre sa beauté au premier coup d’œil, ce n’est pas la ville qui vous gagne, c’est vous qui devez la gagner et l’effort en vaut la peine. Avec 5.5 millions d’habitants la ville est en constante ébullition, jour comme nuit, évènements dramatiques ou drôles beaucoup de choses s’y passent. La crise de la dette a créé un profond malaise au sein de la population mais également un regain au niveau de la création artistique, les deux sont très intéressants.

Qu’est-ce que tu préfères par dessus tout photographier à Athènes ?

Cette ville peut s’avérer tellement photogénique que faire des bonnes photos peux parfois être difficile. J’aime le social, le vécu, les tranches de vies et témoignages. Pour résumer j’aime travailler avec les gens, de tous horizons mais peut être un peu plus ceux dont on ne parle pas assez voire pas du tout. Les manifs, celles ou ca cogne, malgré les pics d’adrénaline je ne peux pas dire que j’aime, c’est parfois très violent mais cela fait partie de notre boulot de témoigner.

Joséphine Faisant, étudiante en journalisme à Paris, effectue un stage au sein de la rédaction de GrèceHebdo.

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