Dominique Fernandez1

GrèceHebdo a rencontré Dominique Fernandez à l’occasion de sa visite en Grèce et de sa conférence au Mégaron-Palais d’Athènes « La Méditerranée dans la culture : richesses et dangers d’une civilisation de croisements ». Ce grand écrivain, essayiste et voyageur, membre de l’Académie Française, nous a parlé des grands sujets qui ont marqué son œuvre : la Méditerranée, « le Sud comme  catégorie mentale », l’Italie et la particularité napolitaine, la Russie, l’homosexualité, les voyages, la création des opprimés de toute sotre ainsi que les grands défis de la société contemporaine. L’occasion également d’évoquer son travail sur Palmyre, qui a fait l’objet d’un ouvrage collaboratif publié récemment.

Monsieur Fernandez, pourquoi écrit-on ?

J’ai écrit mon premier roman à l’âge de 11 ans. Ca s’appelait « œil de feu », un roman d’indiens et j’ai su que je voulais être écrivain. J’ai été un enfant malheureux. Mes parents se sont séparés dans des conditions dramatiques. J’étais écartelé entre eux qui ne voulaient plus se voir. A 11 ans, j’avais ma feuille de papier, un crayon et mon univers à moi, invulnérable. C’était un moyen d’être moi-même indépendamment du monde adulte. Je me rappelle que quand ma mère entrait dans ma chambre, je cachais mon cahier dans le tiroir. Je ne voulais même pas qu’elle sache que j’écrive. Elle m’aurait dit que c’était une perte de temps. J’ai compris qu’en tant qu’écrivain on a un monde à soi, tout peut s’écrouler, ça reste. Avec des moyens très simples : il s’agit d’un papier et d’un crayon.

Je crois que seuls les enfants malheureux deviennent des créateurs. Si un enfant est totalement intégré dans une famille, heureux, pourquoi irait-t-il se donner la peine ? Ecrire c’est une discipline, mon roman avait 80 pages tout de même, ou même peindre ou faire de la musique, c’est un effort pour des résultats peut-être ratés. C’est une ascèse. On le fait donc pour compenser quelque chose. A l’époque ce n’était pas si courant d’avoir des parents séparés. Et à 12 ans, j’ai senti que j’étais sexuellement différent. Je n’avais pas encore de sexualité mais je regardais les apollons pas les vénus etc. C’est une époque où l’homosexuel était vraiment maudit, caché et paria. Là aussi, il fallait que je crée un univers à moi qui soit contre ce monde-là.

Si on regarde les créateurs, ceux qui sont surreprésentés ce sont les homosexuels, les juifs face à une époque antisémite, les noirs dans les sociétés racistes. Tout opprimé tend à compenser, s’ils le peuvent, par la création.  Au début du XIXème tous les créateurs étaient des juifs. Freud, Schonberg, puisque le monde vous exclut il faut bien trouver un moyen de vivre. J’ai écrit pour ces doubles malheurs : familial et sociétal. Après j’ai énormément milité, à Paris pour le PACS. C’était une véritable souffrance à l’époque, on n’a pas idée aujourd’hui.

Parlant de Naples vous dites que c’est une « ville énigmatique, dont la population a dans son esprit les plus merveilleuses ressources, sans trouver le moyen de les faire fructifier ».  Ça pourrait qualifier tous les pays méditerranéens ?

Moi, c’est ce que j’aime dans ces pays. La réussite n’est pas leur idéal. Réussir surtout financièrement ou socialement n’est pas leur idéal. C’est le contraire du « time is money ». A Naples, où j’ai vécu, on jouit de l’instant sans penser beaucoup à l’avenir. Il n’y a pas d’épargne, pas d’accumulation. Si il y a un rayon de soleil, au lieu d’aller à son travail on ira se promener. Il n’y a pas d’horaire, de discipline. Alors évidemment il y a beaucoup d’inconvénients parce que finalement l’économie est très peu développée mais ils sont plus heureux que nous. Contrairement à Paris où l’on se presse pour faire quelque chose d’ « efficace ».

Pendant les dernières années nous avons l’impression que cette démarche est un peu interdite en Europe.

Maintenant c’est effrayant : on est forcé de réussir. Mais Naples résiste, ne change pas.

L’Europe ?

L’Europe oui change. L’Europe s’américanise. Mais le Sud est une catégorie mentale, pas tellement géographique. C’est là où l’on préfère vivre heureux, même pauvrement au lieu de réussir. Il y a une sorte d’instant, une chose spécifiquement méditerranéenne. Ce n’est pas géographique parce qu’en Russie, par exemple, Saint Pétersbourg qui est au Nord est une ville du Sud mentalement. Moscou qui est au Sud est une ville du Nord. Moscou c’est le travail, la richesse, c’est une des villes les plus prospères d’Europe. Et Saint Pétersbourg c’est un peu comme à Naples.

Vous connaissiez la Grèce, est-ce que vous pensez qu’il y a des éléments qui traversent la Méditerranée que l’on peut apercevoir en Italie, en Grèce?

Je connais moins bien la Grèce. Ce n’est ni le monde latin  ni catholique. La « Madre » joue un gros rôle ici aussi je crois, je ne sais pas assez mais je crois. Mon premier livre s’appelait la « Mère  Méditerranée », j’y expliquais que le pilier de la société méditerranéenne c’était la « Mama ». C’est elle qui gouverne, qui a le pouvoir. Ce n’est pas une société machiste. C’est la femme qui a la maison, les enfants et envoient les hommes se promener dans la rue parce que ça n’a pas beaucoup d’importance. Elles sont les piliers. Le problème est qu’en même temps elles détruisent les enfants, surtout les garçons. Les filles comptent très peu, surtout à l’époque. Il fallait la doter et la marier vite. Les garçons étaient les « enfants-rois », choyés, dorlotés. On leur épargnait toutes les difficultés, on les plaignait d’aller à l’école au lieu de les encourager. Pas d’horaire pour aller se coucher. Ce qui fait qu’à 20 ans, moi j’en ai connu, ils étaient désemparés devant la réalité. J’ai un ami à Palerme, de 50 ans, aisé, il a acheté un appartement moderne. Il est vide. Il vit chez ses parents. L’éducation est différente parce que pour moi l’éducation c’est donner la liberté le plus vite possible à l’enfant. En même temps elle est très généreuse alors c’est très difficile de rompre avec elle. C’est plus facile de rompre avec quelqu’un qui nous persécute.

Finalement la Méditerranée c’est quoi ? Son histoire, ses paysages, ses mœurs ?

C’est tout. L’Italie, la première fois que j’ai vu la mer c’était à 20 ans. C’était un choc total. J’ai décidé d’apprendre l’italien, d’en faire mon métier. J’ai été professeur d’italien et y ait passé ma vie. Alors il y a la beauté, des hommes et des femmes, des villes, des paysages, des tableaux… tout est beau en Italie. Il n’y a pas un village qui ne soit pas une merveille. C’est extraordinaire comme pays. Très varié, parce que vraiment le Nord et le Sud n’ont rien à voir. Et puis l’art de vivre, le bonheur de vivre, l’affectuosité, les rapports humains, tout se passe par les rapports humains. Les institutions fonctionnent très mal mais tout s’arrange si l’on connait quelqu’ un.

Vous avez eu un contact avec la Grèce ancienne présente en Italie ?

J’ai eu une maison en Sicile pendant 20 ans, la Grèce est presque plus belle en Sicile qu’en Grèce. On pêche des statues dans la mer tout le temps. On a retrouvé l’éphèbe de Mozia, une statue grecque, un éphèbe en marbre magnifique et on a fait un petit musée pour elle. Et il y a quelques années on a repêché un satyre que certains attribuent à Praxitèle tellement il est beau. Un satyre en bronze qui danse. Au lieu de le mettre dans un grand musée comme on faisait autrefois, on l’a laissé sur place dans une église désaffectée. Il est tout seul dans ce lieu et c’est inouï. Par ailleurs, beaucoup de colons grecs faisaient venir de Grèce des œuvres d’art, mais il y avait des naufrages. On a retrouvé deux grands bronzes de Calabre. Et il y en a encore beaucoup. La Grèce est très présente, notamment à Paestum près de Naples, une ancienne colonie grecque où il y a une statue d’une silhouette qui plonge. Il y a un village, Piana dei Greci, où l’on y parle Grec encore. Il y a là d’anciens immigrés.

Vous avez étudié le grec ancien ?

Je le lisais même couramment. J’étais à Normale Sup et il fallait maitriser le Grec. J’ai lu tout Homère et Sophocle en grec. Après j’ai eu l’agrégation en italien et je n’ai plus pratiqué malheureusement le grec. J’aimerais réapprendre car pour moi Homère c’est le plus grand des poètes. L’Odyssée est une chose extraordinaire.

Sur les problèmes actuels, vous pensez qu’il y a un problème d’éveil et de lien entre les différentes civilisations ?

Oui pour moi quelque chose de terrible, c’est les médias et la désinformation actuelle. Je voyage beaucoup et tout ce que j’entends et vois sur les pays que je connais est faux. Très incomplet. Pour la Russie par exemple, on parle de corruption, de mafia. Comme si il n’y en avait pas à Marseille aussi. On ne parle jamais de ce qui est magnifique en Russie. La force spirituelle de ce pays, les nouveaux russes c’est une partie infime de la population.

Pour ce qui est de l’Islam, il y a aussi un manque d’information voire une désinformation. Malheureusement, les Etats Unis n’y comprennent rien et ont mis les gens dans le souci avec leurs guerres pour des motifs comme le pétrole. La première chose à faire, ce serait d’enseigner l’Islam à l’Occident et l’Occident à l’Islam. Il n’y a pas de raison de se haïr. Il y a des époques où il y avait des unions formidables. Ils ont apporté les agrumes en Italie, la poterie, le sucre… Mais il y a eu une rupture ensuite. Il y a une chose formidable dans l’Islam. Alors qu’aujourd’hui les médias montrent une espèce de « monstre » de l’islam.

Ils le montrent oui, mais il y a bien des fanatiques, des islamo-fascistes…

Mais aussi pour les catholiques, il y a bien des catholico-fascistes. On a une dame en France qui s’appelle Mme Boutin, qui s’est rendue célèbre autrefois contre le PACS. Elle a parlé pendant 24h de suite à l’Assemblée Nationale avec une Bible et en évoquant Jeanne d’Arc. En disant que c’était la fin de la France, la ruine. Et elle a des gens qui la soutiennent.

J’ai écrit un petit livre sur Palmyre. J’ai fait un petit chapitre sur le vandalisme. Parce qu’on parle des gens qui ont saccagé Palmyre comme de « barbares » mais ce n’était pas les premiers. Les premiers étaient les chrétiens qui ont démoli les statues et idoles grecques à coup de marteau. Pour eux les acropoles c’était le démon. A la Révolution Française, les Jacobins étaient des extrémistes, ils ont démoli toutes les statues de Notre-Dame. Les actuelles sont des copies. Ils ont également détruit toutes les statues de Strasbourg. Ils voulaient raser tous les clochers. La cathédrale de Strasbourg a été sauvée en mettant un bonnet rouge au sommet, en signe Révolutionnaire. L’inquisition c’était aussi totalement effroyable. Quand les catholiques avaient les pouvoirs temporels, c’était comme Daesh. Je crois que toute idéologie dominante veut faire table rase du passé. Tout ce qui était avant est mal. Dès qu’une religion a le pouvoir, elle est intolérante.

On aurait donc un manque de mémoire aujourd’hui ?

Tout à fait, à Palmyre ils ont décapité le directeur archéologique et l’ont pendu dans le théâtre. Quelque chose d’atroce. Or pendant les guerres de religion en France, en 1572, on a eu ce qu’on appelle la Saint-Barthélemy. Au moment où la Reine de France était Catherine de Médicis, une monarque hyper catholique. On a tué tous les protestants. L’Amiral de Coligny qui était en chef a été décapité, émasculé, et pendu par les pieds, exactement comme pour l’archéologue. Et c’est les catholiques qui ont fait ça. Au nom du « seul Dieu ». Parce que chacun croit que le seul Dieu est celui en lequel ils croient. Il faut donc enseigner la tolérance, le respect des religions. De toutes les religions, c’est capital. Dans les écoles en France aujourd’hui il faudrait enseigner aux enfants, même jeunes, ce qu’est l’islam.

Certains utilisent ces exemples pour expliquer que ces civilisations du Proche ou Moyen-Orient sont « en arrière » comme les européens du XVIème siècle que vous citez. Qu’en pensez-vous ?

Je n’y crois pas du tout à ces histoires d’ « arriérés ». Je crois que l’Homme ne change pas. L’Homme, comme matériel humain ne change pas. Certes le décor et les siècles, eux changent. Il se trouve que les catholiques n’ont plus le pouvoir. Ce n’est plus un Etat mais s’ils avaient le pouvoir aujourd’hui je suis certain qu’ils seraient intolérants. C’est le propre des religions d’être intolérants. C’est de croire qu’il n’y a qu’une vérité. Ils refusent le relativisme. Daesh n’est pas arriéré, au contraire, c’est l’homme éternel, qui a le pouvoir et qui l’exerce comme l’histoire l’a montré.

Concernant Palmyre, on a appris récemment que Daesh encercle de nouveau le site – sauf au Sud-ouest. Est-ce un renouveau du drame pour vous ou le site est déjà perdu depuis les destructions ?

D’où qu’on aille il faut faire 200km dans le désert. J’y suis allé quatre fois c’était un des plus bels endroits du monde. Un des plus beaux sites archéologiques. Le Parthénon est magnifique mais entouré d’une ville moderne, l’émotion est faussée. Là c’est une vallée avec 1,5km de colonnes, il y avait deux temples, détruits aujourd’hui. Et puis des tours funéraires, et des colonnes. Le site n’était pas clos, il n’y avait pas de billet, on pouvait se promener la nuit au clair de lune. C’était toute la magie d’un paysage. Le paysage reste mais les monuments ne sont plus tous là. S’ils reprennent le site, je ne sais pas ce qu’il en restera car on ne sait déjà pas ce qu’il reste réellement aujourd’hui. On est très mal informés. On sait que les temples sont démolis. Le théâtre est resté, où Poutine a organisé un concert. Les Russes ont vite repris le site face à des américains impuissants. Pourtant ça n’a aucune importance stratégique, c’est un symbole. L’important c’est la ville et ses habitants, la ville a été détruite aussi. Des gens qui y vivaient sont mort, c’est affreux. Mais ça prouve la force symbolique de Palmyre si ils s’acharnent à la prendre, la reprendre. C’est comme Saint Pétersbourg qu’ils appellent la Palmyre du Nord. Des villes utopiques surgies du néant Saint Pétersbourg des marécages, comme Palmyre du désert.

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Etre homosexuel, vous en parlez dans vos œuvres, c’est aussi apporter un nouveau regard sur le monde ?

Oui, parce que ce n’est pas le sexe qui est important. Ce n’est pas la vision sexuelle, c’est le fait d’être rejeté et différent qui donne un regard critique sur la société et sur les valeurs admises : la famille, la patrie… Les opinions dominantes, l’homosexuel, comme d’autres sans doute, les regardent avec critique. Ils se disent qu’avec ces valeurs beaucoup de personnes sont exclues. C’est ça la force de ma sexualité pour moi c’est de remettre en question la société, le monde. Ils ne sont pas tous comme ça bien sûr, certains s’en fichent. Mais un bel exemple c’est Gide, qui était libérateur. C’était le premier qui a été très critique contre Staline, alors qu’avant il était très  procommuniste. Il a osé dire que ce n’était pas un paradis. Aussi concernant le colonialisme, après son voyage au Congo, il a dénoncé les excès du colonialisme français et injurié pour cela à l’époque évidemment. Et je crois que parce qu’il était homosexuel il avait ce regard critique. Il n’admettait rien comme vérité, il remettait tout en question. On l’a traité de traître de vendu alors que c’était un homme libre.

Il y a toujours une impuissance d’apprendre dans la société, d’accepter l’évident concernant l’homosexualité. Un refus social qui conduit parfois au désespoir ?

En Italie il n’y a pas de désespoir, bien plus présent dans les pays du Nord. Il y a du suicide en Suède, dans ces pays-là, mais très peu en Italie. Il y a de l’espoir parce que tout ce qui est interdit est permis en réalité. Il y a des barrières mais l’on saute au-dessus très facilement. Par exemple pour l’homosexualité, en principe, c’est très mal vu à cause du Vatican mais en pratique beaucoup ont des expériences homosexuelles au moins. C’est interdit en quelque sorte mais en fait c’est autorisé.

Les lois institutionnalisent par exemple les unions homosexuelles, en Grèce aussi, l’Italie en parle, vous trouvez que c’est un pas positif ?

Oui parce que ça permet la pratique. Pas au niveau affectif, ça n’a aucune importance mais au niveau pratique, si l’un meurt il peut léguer à l’autre. Avant c’était impossible tout ça, le mariage encore plus. En Italie, c’est très difficile à cause du Vatican. Le PACS est en train d’être discuté mais il y a beaucoup de sociétés privées qui l’appliquaient déjà à leurs employés. Officiellement il n’y en avait pas, mais à Bologne, dans les grandes entreprises si elles ont deux employé(e)s dans cette situation, on leur propose des arrangements.

Vous êtes un grand voyageur, vous avez voyagé en Russie, en Amérique du Sud, c’est d’abord la littérature qui vous inspire ? Avant de commencer votre voyage il y a cette curiosité de voir ce qu’ont vu les autres ?

Pour la Russie, par exemple, je n’ai pas pu y aller tôt. Par contre j’ai lu « Guerre et Paix » à 15  ans en trois jours et trois nuits. Depuis ce temps pour moi la culture russe, c’est extrêmement important. J’ai pu aller en Russie en 1986 d’abord c’était le début du Dégel mais c’était encore une Russie soviétique, crasseuse, personne ne travaillait puisque tout était d’Etat. En 1993 j’y suis allé, puis ensuite tous les ans jusqu’à maintenant. J’ai pris le transsibérien, j’ai descendu le cercle polaire. C’est immense, le quart du monde.  C’est une référence romanesque, il y a aujourd’hui un  écrivain sibérien vivant Andreï Makine que j’aime beaucoup. J’étais par ailleurs la semaine dernière en Ukraine et c’est la terre des grands musiciens. Toute cette richesse culturelle m’a beaucoup attirée en Russie, l’Opéra ou la danse. Si vous allez à Saint-Pétersbourg ou à Moscou il y a trois ou quatre opéras différents. Les gens lisent les poètes dans les Squares, Mandelstam, Pasternak. En France on n’a pas de gens qui lisent Mallarmé à part les étudiants si c’est au programme de l’agrégation.

Dans votre amour pour l’Italie, la Russie, au final il y a quelle place au final dans tous ces amours pour la France ?

Je suis mexicain, né à Paris mais ma famille paternelle est mexicaine. J’y suis allé seulement deux fois au Mexique et j’ai encore de la famille là-bas mais je pense qu’il y a quelque chose dans les gènes qui fait que je ne me suis jamais senti  français complètement. C’est pour ça que j’ai voyagé très jeune, à 18 ans. Je me sens les trois, mexicain, français et italien. Je ne vivrais pas ailleurs qu’à Paris mais il faut que je parte de temps en temps.

Vous dites que l’on ne peut pas vivre quand on n’est pas amoureux ?

Tout à fait. Quand on n’est pas amoureux c’est une sorte de mort. Je suis tombé amoureux d’abord de l’Italie avant toute chose. Quand on est amoureux on aime tout. Même les défauts. On les connait on les voit mais l’amour est une force irrésistible. Sans cet amour on est des professeurs très érudits mais moins passionnés.

*Entretien accordé à Lazaros Kozaris, Léa Rollin et Loïc Bremme

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