Un événement à l’occasion de la Journée mondiale de la langue grecque s’est tenu le jeudi 5 mars 2026 à la Rotonde, à Thessalonique, organisé par le Service des relations internationales de Thessalonique du ministère des Affaires étrangères, avec comme intervenant principal le professeur de linguistique M. Georges Babiniotis. Des allocutions ont été prononcées par le vice-ministre des Affaires étrangères, M. Ioánnis-Michail Loverdos, et par le vice-ministre de l’Éducation, M. Nikos Papaïoannou. L’événement a été présenté par la directrice du Service des relations internationales de Thessalonique du ministère des Affaires étrangères, Mme Katerina Tsapikidou.

La Journée mondiale de la langue grecque, le 9 février, est célébrée chaque année à la date de la mort de notre poète national, Dionysios Solomos. Toutefois, la Journée mondiale de la langue grecque de cette année est particulière, car c’est la première depuis la reconnaissance unanime de notre langue par l’UNESCO en tant que telle, en novembre dernier à Samarcande, en Ouzbékistan, à la suite des efforts coordonnés des ministères des Affaires étrangères, de la Culture et de l’Éducation.

Le vice-ministre des Affaires étrangères, M. Loverdos, a souligné dans son allocution que « nous, Grecs, avons le devoir de répondre aux défis contemporains de la violence par notre langue et notre culture, et d’opposer notre lutte pour la culture, la paix et le respect de chaque être humain ».

Pour sa part, le vice-ministre de l’Éducation, M. Papaïoannou, a parlé de la pérennité de la langue grecque ainsi que de son influence sur la terminologie technologique, afin que « s’appuyant sur sa longue histoire, elle nous montre le chemin vers l’avenir ».

Le professeur de linguistique, M. Babiniotis, a, dans son allocution, parcouru les différentes périodes historiques et souligné le rôle déterminant de la langue grecque dans la formation de la civilisation européenne et mondiale, tout en qualifiant d’historique la décision de l’UNESCO de reconnaître notre langue comme langue mondiale. Il a mis en avant les trois caractéristiques particulières de la langue grecque sur lesquelles s’est appuyée cette reconnaissance : sa continuité ininterrompue pendant quarante siècles, sa structure particulière qui permet l’expression de concepts et d’idées élevés, et sa présence universelle à travers les textes écrits et les traditions orales. Il a évoqué la période alexandrine et le grec commun, qui devint la lingua franca de l’époque et contribua à la reconnaissance du grec comme langue officielle du christianisme. Il a abordé la Renaissance, le Siècle des Lumières et l’influence de la langue grecque sur l’expression de nouvelles notions scientifiques, pour conclure avec les temps modernes et l’enseignement du grec dans les écoles européennes ainsi que dans les chaires d’études grecques des universités. En conclusion, il a souligné qu’après le succès de la reconnaissance de notre langue comme langue mondiale par l’UNESCO, notre pays devrait viser à réintroduire l’enseignement des langues classiques dans l’enseignement secondaire européen, et il a insisté sur le fait que l’investissement dans la langue est un investissement dans le développement de la pensée et de l’intelligence.

Ont honoré de leur présence l’événement : le métropolite de Thessalonique, Philothée ; le commandant du Commandement militaire supérieur de l’Épire et de la Macédoine et du NATO Rapid Deployable Corps, le général Bountliakis ; des représentants du Parlement ; le coordinateur du Bureau du Premier ministre à Thessalonique, M. Giannis Papageorgiou ; des représentants de la municipalité de Thessalonique et de la région de Macédoine centrale ; l’ancien commissaire européen, M. Margaritis Schinas ; la majorité des consulats généraux des missions diplomatiques basées à Thessalonique (Allemagne, France, Chypre, Roumanie, Serbie, Albanie, Géorgie, Ukraine, Bulgarie) ; les consuls honoraires (Arménie, Moldavie, Luxembourg, Canada, Slovaquie, Estonie) ; le président-directeur général du Centre international de technologie Thess Intec, M. Nikos Efthymiadis ; ainsi que des représentants des institutions commerciales et culturelles de la ville.

La soirée a été agrémentée par un ensemble vocal et instrumental du Conservatoire d’Άno Poli de Thessalonique, sous la direction du chef d’orchestre, M. Panagiotis Diamantis.

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